Trois dirigeants sur notre planète ont décidé de se partager le monde, au moins une partie. À l’autocrate américain, toute l’Amérique, du Groenland au Vénézuéla, du Canada au Panama. Au dictateur russe, ses proches voisins, de la Géorgie à l’Ukraine en attendant la Moldavie et les États baltes qu’il convoite. À l’empereur chinois, au Tibet annexé, à Hong-Kong récupéré, aux Ouighours opprimés, bientôt Taïwan annexé. Il manque le dirigeant indien qui vise le Cachemire mais il n’a pas dit son dernier mot..!!
Cela surprend les Européens, habitués à la paix qu’ils croyaient bien installée depuis 1945, oubliant les chars soviétiques en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968, même les guerres meurtrières de l’Ex-Yougoslavie de 1992-1999.
Pourtant le partage du monde est la règle depuis les Grandes Découvertes à compter du XVème siècle. Le 7 juillet 1494, les deux grandes puissances maritimes de l’époque, l’Espagne et le Portugal, se répartissent les nouvelles terres sans le moindre souci de ceux qui les habitent. Pour éviter un conflit armé entre les deux, le Pape Alexandre VI procède à un arbitrage en traçant une ligne de démarcation dans l’Atlantique : à l’Ouest du Cap Vert, l’Espagne ; à l’Est le Portugal avec une exception admise pour ce dernier : le Brésil. La France fait connaître son mécontentement par la voix du Roi : » Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde »..!!
À d’autres occasions, la France cède ou vend des territoires qu’elle a conquis. Dans le traité de Paris du 10 février 1763 qui met fin à la guerre de Sept ans, Louis XV cède le Québec aux Britanniques, préférant consolider la présence du royaume en Guadeloupe et Martinique, les « Isles à sucre », laissant aux Anglais « quelques arpents de neige », selon Voltaire. Un an avant, au traité de Fontainebleau du 3 novembre 1762, la France donne la Louisiane à l’Espagne pour qu’elle ne tombe pas dans les mains des Anglais. Napoléon la récupérera avant de la vendre aux Etats-Unis le 30 avril 1803 pour la somme de 15 millions de dollars.
Plus tard, le traité de Berlin du 13 juillet 1878 redessinera la carte du Sud-Est de l’Europe et des Balkans pour éviter la guerre entre grandes puissances. La France reçoit une option sur la Tunisie, le Royaume-Uni obtient l’administration de Chypre et l’Autriche-Hongrie la Bosnie-Herzégovine.
De même, une convention franco-britannique du 21 mars 1899 fixe la frontière entre les zones d’influence des deux pays en Afrique. La France renonce à tout accès au Nil et le Royaume-Uni reconnaît la souveraineté française sur les territoires à l’ouest de la ligne de partage des eaux entre les deux fleuves, le Nil et le Congo.
On se souvient mieux des deux conférences qui suivent la fin de la seconde guerre mondiale : Yalta (février 1945) qui fixe les zones d’occupation de l’Allemagne ; Postdam (juillet-août 1945) pour règler la question des frontières.
L’Europe a soldé cette longue période de cinq siècles, pas les autres. Le réveil est rude. Ou l’Union se renforce et se serre les coudes ou il faut craindre un long dépérissement. En deux mots ; le sursaut dont elle a les atouts ou le déclin dont elle a tous les risques..
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