Samedi 20 juin 2026, un grand débat est organisé à Carhaix à l’initiative du mouvement politique « Pour la Bretagne ». Son thème : « Ensemble pour l’autonomie ». C’est désormais le nouvel horizon emprunté par le mouvement breton, relayé à l’Assemblée Nationale par le député du Morbihan, Paul Molac. Ce n’est pas la première fois que ce mouvement se donne un objectif finissant souvent dans une impasse.
Il y a eu la mobilisation pour ratifier la Charte du Conseil de l’Europe sur les langues régionales et minoritaires. Sur les 98 articles qu’elle contient, la France en a signé 38 (le minimum obligatoire étant de 35) le 5 mai 1999. Mais le préambule de cette Charte a été jugé anti-constitutionnel par le Conseil. Il ne reviendra pas sur sa décision. Elle n’a donc pas été ratifiée.
Il y a eu la mobilisation pour réviser l’article 2 de la Constitution, qui a introduit le 25 juin 1992 cette phrase : » La langue de la République est le français ». Pétitions, manifestations, proclamations, il a bien fallu se rendre à l’évidence. Aucune majorité au Parlement ne se dessinait pour engager une révision de la Constitution.Elle n’existe toujours pas.
Il y a eu d’importants mouvements pour intégrer les écoles Diwan dans l’enseignement. Écoles à pédagogie immersive, elles bénéficient toutes d’un contrat d’association avec l’Etat. Plusieurs tentatives ont été menées..A chaque fois le projet a échoué, y compris par décision du Conseil Constitutionnel qui n’est pas prêt de changer d’avis.
Il y eut plusieurs manifestations et de nombreux voeux votés dans les collectivités pour rattacher le département de la Loire-Atlantique à la région Bretagne. Ce fut possible par la loi relative à la délimitation des régions promulguée le 16 janvier 2015. Une date limite était fixée : 1er mars 2019. Personne ne s’est emparé de cette ouverture. Incompréhensible alors que cette fois la Constitution ne s’y opposait pas…!!! Mystère..
Il y eut longtemps la demande d’un statut particulier pour la seule Bretagne. De même a émergé l’idée d’un statut de résident qui exigeait d’avoir résidé pendant un an en Bretagne pour acheter une propriété, avec le risque d’une sanction du Conseil Constitutionnel pour rupture d’égalité. Ou encore le statut de co-officialité de la langue bretonne qui entraine ipso facto la même demande pour la langue gallèse et toutes les autres langues régionales, ultra-marines comprises. Ces demandes supposent un changement de la Constitution.
Il y a donc aujourd’hui la demande d’autonomie, lancée par des partis politiques et associations de la région, accompagnée par un rapport du Conseil Régional, inspirée par les projets corses et alsaciens. Là encore une transformation profonde de la Constitution est nécessaire.
Voilà pourquoi la quête du Graal, présente dans la civilisation celte, revient en mémoire. C’est la recherche d’un objectif ultime mais inaccessible. On en trouve une définition dans les textes arthuriens : « Celui qui ne cherche pas ne trouve pas mais celui qui cherche mal se perd »…!!!
Ou alors le raisonnable revient. La Bretagne est en grande demande de décentralisation pour gérer au plus près certaines compétences, sans porter atteinte aux principes et à l’unité de la République. C’est le bon chemin car il est rassembleur autour de ce slogan ancien : » Vivre, décider, travailler au pays ». Attendre que la Constitution change, c’est à nouveau la quête du Graal..
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