L’ancien trotskyste de jeunesse a d’incontestables qualités. On lui reconnaît une culture historique solide. On apprécie son talent oratoire capable d’attirer et d’entraîner d’importantes foules. On lui attribue un charisme personnel lui permettant de fidéliser ses partisans. On mesure sa dialectique agile capable d’argumenter voire de défendre des causes désespérées. Il dispose d’une qualité nécessaire pour prétendre accéder à de hautes fonctions : cette part de narcissime qui motive. Il a un défaut : il maitrise mal ce narcissisme qui l’amène à des comportements colériques.!
Malgré ces atouts, est-ce pour autant un bon cheval électoral.? C’est moins sûr si on regarde son parcours dans les trois élections nationales qui régissent la Vème République : l’élection présidentielle, les élections législatives à l’Assemblée Nationale et au Sénat, les élections européennes.
JL Mélenchon réussit bien aux élections à scrutin proportionnel, en se plaçant en tête de liste avec la certitude d’être élu. Il n’a pas beaucoup d’efforts à fournir. Le siège est garanti d’avance. C’est ainsi qu’il a été sénateur socialiste de l’Essonne du 2 octobre 1986 au 27 avril 2000 puis du 1er octobre 2004 au 7 janvier 2010. Entre ces deux périodes, il a été Ministre dans le Gouvernement de Lionel Jospin pendant deux ans. Donc nommé.!
Il siégera aussi au Parlement européen du 14 juillet 2009 au 18 juin 2017, après avoir conduit la liste d’extrême-gauche dans la circonscription inter régionale du Sud-Ouest. Il avait, là encore, l’assurance de son élection. Bref, c’est un élu du scrutin proportionnel, avec 28 ans de mandat au Sénat et à l’Assemblée de Strasbourg, obtenus dans la facilité.
Est-ce un bon candidat en scrutin majoritaire.? Ses tentatives ne plaident pas en sa faveur. En juin 2012, aux élections législatives qui suivent la victoire de François Hollande, il est candidat contre Marine Le Pen dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais. Il n’atteindra pas le second tour. Au lieu de s’implanter et de continuer le combat contre l’extrême-droite, il déserte ce territoire au profit de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône en juin 2017. Son score à la présidentielle lui assure qu’il ne risque pas d’échouer. Cette fois encore, au lieu de persévérer et de s’intégrer dans la ville de Marseille menacée par l’extrême-droite, il fuit le combat en laissant le terrain à M.Bompard en 2022, puis 2024. Marseille c’est loin de Paris et les permanences pour recevoir des électeurs sont ennuyeuses..!!
L’autre élection nationale au scrutin majoritaire est l’élection présidentielle, avec une exigence plus sévère et plus difficile à atteindre : seuls restent en lice pour le second les deux candidats arrivés en tête au premier. JL Mélenchon a fait trois tentatives sans atteindre ce palier nécessaire. À croire que les Français ne veulent pas le voir présider à leur destinée et ils le lui disent dès le premier tour. En 2012, il arrive en quatrième position avec 11, 10% des voix. Il appellera à voter contre Nicolas Sarkozy sans prononcer le nom de François Hollande. La rancune est tenace..!! À ce moment-là, tirant la leçon de ce faible résultat il précisera sa stratégie de conquête du pouvoir inspirée de la révolution bolivarienne : » L’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser pour transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire ». Du Chavez et du Maduro dans le texte. Cette stratégie a pu lui permettre de gagner en suffrages, pas en position d’accéder au second tour. En 2017, il arrive toujours en quatrième position avec 19, 58% des voix. Pour le second tour, il refusera d’appeler à un Front républicain en renvoyant les deux finalistes, E.Macron et M. Le Pen, dos à dos. En 2022, il franchit un étage et termine en troisième position avec 21, 95% des suffrages. Sa consigne pour le second tour sera un peu différente : » Pas une seule voix à Marine Le Pen », sans appeler à voter pour E.Macron. Ce qui laissait aux électeurs quatre possibilités : le vote pour le Président sortant, l’abstention, le vote blanc, le vote nul. Au total, un parcours qui prend le contraire de celui de François Mitterrand, parachuté dans la Nièvre en 1946 mais resté fidèle à la population, contraire aussi à celui de François Hollande, parachuté en Corrèze en 1981 mais toujours présent à Tulle…!!!
Dans notre démocratie, il est plus important de remplir les urnes que les salles. Il ne faut pas se laisser abuser par les envolées lyriques mais savoir compter les bulletins de vote.Jusqu’à présent les effets de tribune et de manche de Mélenchon n’ont pas été concluants pour la gauche. Il s’apprête pourtant à s’engager dans une quatrième tentative présidentielle. Si on veut que la gauche l’emporte, même avec ses imperfections et ses faiblesses, si on ne veut pas voir l’extrême-droite prendre les rênes de la France, mieux vaut un vote utile plutôt que stérile et dès le premier tour..!!
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