Charles était une voix forte, une voix chaude, une voix chaleureuse jusqu’à être envoûtante. Il accompagnait son verbe de ses mains aux doigts de pianiste comme une musique de parole orale. On l’écoutait avec une attention qui lui donnait une force d’entraînement et de rassemblement qu’il a entretenu toute sa vie.
Il appartenait à cette catégorie d’hommes politiques que l’on qualifierait aujourd’hui d’un ancien régime pourtant pas si lointain. Maire, Conseiller Général, Président des Cotes-du-Nord en 1976 qu’il a transformé en Cotes-d’Armor pour lui donner plus de chaleur, député national, député européen, Ministre de la République. Un parcours désormais rare. Son entrée sur la scène nationale date des élections législatives de mars 1973. Il l’emporte de 45 voix sur René Pléven, un des menhirs bretons depuis 1945. Combien de fois l’ai-je entendu, avec humour, remercier la Conférence des Évêques de France pour son mandement d’octobre 1972 demandant aux prêtres de France de cesser de donner des consignes de vote en chaire. Celles-ci allant rarement à gauche, il prétendait en avoir bénéficier…!!!
En cette année 1973, sa victoire, à 35 ans, ainsi que celle de Louis Le Pensec, âgé de 36 ans, incarne la nouvelle génération des socialistes de Bretagne.
Il sera l’avocat de nombreuses causes, illustré par son combat contre la société américaine responsable de la catastrophe de l’Amoco Cadiz. Avec son complice, Alphonse Arzel, ils gagneront. Il se fera l’ambassadeur tenace des souhaits et exigences de la région, tant à Paris qu’à Bruxelles.
Charles Josselin aura marqué un demi-siècle de la vie politique de la Bretagne. Aujourd’hui la tristesse domine aussi en pensant à toute sa famille.
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