Jean-Luc Mélenchon est un défenseur de l’école publique. Il l’a démontré à plusieurs reprises. Il est un partisan de la laïcité même si ces temps derniers il a tendance à vouloir communautariser la France avec sa notion de « nouveau peuple », flirtant à sa façon avec cette autre notion de « grand remplacement ». Il a été deux ans Ministre de l’enseignement professionnel auprès de socialistes aujourd’hui détestés, hier bien acceptés. Il a laissé un bon souvenir.

   Alors, pourquoi dans son programme veut-il relancer la guerre scolaire.? En 1981, une des 110 propositions de François Mitterrand consistait à mettre en place un service unifié d’enseignement en y intégrant le réseau privé. Ce projet, conduit par Alain Savary, Ministre de l’éducation nationale et Compagnon de la Libération, a jeté des millions de Français dans les rues sur le thème de la liberté de choix des familles pour l’éducation de leurs enfants.Face à cette déchirure de la société, F.MItterrand retire le projet le 14 juillet 1984. Dix ans plus tard, un autre projet conduit par le Ministre François Bayrou, visait à supprimer les restrictions au financement public des bâtiments des écoles privées. Il s’agissait de modifier en ce sens la loi du Comte de Falloux du 15 mars 1850..Saisi, le Conseil constitutionnel, présidé par Robert Badinter, censure le texte. Un million de personnes ont manifesté dans les rues de Paris le 16 janvier 1994 pour défendre le principe de laïcité. Depuis, la paix règne sur ce vieux dossier français.

   Jean-Luc Mélenchon cherche à briser cette paix et ouvre à nouveau les hostilités. Ainsi sa première proposition : » Arrêter le financement public des établissements confessionnels, donc scolaires » Conséquence : fini le financement des écoles sous contrat d’association, fini le règlement par l’Etat du traitement des enseignants de ces écoles. Ensuite : » Réserver la taxe d’apprentissage aux établissements publics ». Conséquence : fini le financement des Centres de Formation d’Apprentis, donc les futurs ouvriers, fini le financement des lycées professionnels et techniques privés, celui des Écoles de la Deuxième chance, celui des écoles d’ingénieurs privées, des Fondations d’intérêt général etc..Leur couper l’accès à cette taxe, c’est les asphyxier et les conduire vers la fermeture. Enfin cette dernière proposition : » Interdire les diplômes privés professionnels »? C’est condamner tout le réseau des écoles de commerce qui n’appartiennent pas au Ministère de l’Education Nationale. La barque est quand même chargée…!!!

   Un candidat a le droit d’avancer toutes propositions et de les défendre avec fougue. Il a le devoir d’en parler aux électeurs, de les éclairer sur les conséquences, de ne pas les mettre sous le boisseau si elles étaient mises en application. On peut imaginer une réaction inévitable : à nouveau des millions de personnes dans les rues, à nouveau une guerre relancée quand une guerre d’un autre type menace l’Europe, à nouveau des milliers de jeunes dans l’inquiétude de leur avenir. En ce moment, la France a d’autres chats à fouetter plutôt que refaire ce retour en arrière vers les années 1950 et suivantes. Ce programme sent le ranci..!!

Bernard Poignant
30 septembre 2026