Le 26 août 1789 l’Assemblée Constituante vote l’article XI de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : » La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement ». Aujourd’hui on ajouterait «filmer », toujours évidemment dans le respect de la loi.Le 29 juillet 1881 est promulgué l’article1 de la loi sur la presse : » L’imprimerie et la librairie sont libres ». Le 2 avril 1947 une nouvelle loi est adoptée après la période vichyste avec son article premier : « La diffusion de la presse imprimée est libre ». La loi du 18 octobre 2019 la modifie en supprimant le mot « imprimée » tant les média audiovisuels, télévisuels et numériques envahissent le champ informatif et politique.

   Le cadre est ainsi donné. Mais ces grandes lois que l’on doit à des Républicains de conviction n’ont pas empêché les entraves à cette liberté. Ainsi en 1963, la pièce de Rolf Hochhuth « Le Vicaire » reproche au Pape Pie XII son silence sur l’extermination des juifs pendant la dernière guerre. Des militants d’extrême-droite envahissent le Théâtre de l’Athénée où se joue la pièce à Paris. Ils lancent des boules puantes, envahissent la scène, déchirent les décors. Le spectacle est annulé.En 1966, le film « La Religieuse » de Jacques Rivette raconte les sévices subis par une religieuse dans son couvent. L’Etat ( même lui..!! ) interdit sa sortie en salle à la demande de mouvements intégristes. Il sera désavoué par la justice en 1967. En 1988, le film « La dernière tentation du Christ » de Martin Scorsese montre la nature humaine du Christ avec ses doutes et ses tentations terrestres. Des groupes d’extrême-droite provoquent un incendie dans un cinéma parisien où il est projeté comme à Besançon et à Reims.

   Ce n’est donc pas nouveau, à tel point que ça recommence mais d’une autre façon. En 2019, la conférence d’Alain Finkielkraut à Sciences Po Paris est bloquée par des militants d’extrême-gauche au nom de l’anti-fascisme. Le philosophe devra renoncer. En 2019 encore, la conférence de Sylviane Agacinsky est annulée à l’Université de Bordeaux par des militants qui ne lui pardonnent pas ses positions sur la PMA et les mères porteuses. Récemment les Insoumis ont obligé la Députée Mélanie Thomin à interrompre sa conférence à l’Université de Brest sur le thème Armée-Nation. Il y a quelques semaines le spectacle de Barbara Butch est annulé. Elles est insultée et des bouteilles sont lancées contre elle . Ces militants d’extrême gauche brandissent une affiche couverte de sang illustrée d’une étoile de David.

   Tous ces faits ne sont que des exemples et la liste est plus longue. Mais c’est toujours la liberté qui est malmenée et mise en cause.

   On attribue à Voltaire cette phrase : » Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ». En réalité la phrase a été imaginée par Evelyne Béatrice Hall, auteur britannique qui a publié en 1906 « Thé Friends of Voltaire » (« Les Amis de Voltaire »). Mais peu importe son origine. Aux yeux du monde entier, la France est une terre de libertés. Elle doit le rester et ne pas se soumettre à tout extrême, de quelque bord qu’il vienne.

Bernard Poignant
9 août 2026