Au cœur de la campagne présidentielle, il y aura les attentes des Français. Les candidats y répondront par des propositions à débattre ou des promesses à appliquer. Tout ce que le pays compte d’organismes de toutes sortes les saisiront pour connaître leurs engagements :syndicats, associations, collectivités, particuliers, entreprises etc…chaque candidat répondra poliment. Ceux qui ne se donnent aucune chance d’être élus auront la réponse généreuse. Celui ou celle qui se voit ou se croit Président se montrera plus prudent, plus flou voire ambigu car il ou elle mesurera à l’avance les difficultés qui l’attendent.
Mais il y a une candidate plus importante que tous les autres. Elle n’aura pas de bulletin dans les bureaux de vote, elle ne se présentera pas elle-même, elle n’a pas de visage non plus. Mais elle a un nom : France. Car, au-delà du montant du salaire minimum et de l’âge de départ à la retraite, sujets essentiels, il y a un choix décisif à faire : quelle conception de la France choisissons-nous.? Comme le disait le général De Gaulle : » Au-dessus des Français, il y a la France ».Cette France est entrée au Panthéon le 23 juin 2026 en y accueillant Marc Bloch, universitaire, juif, résistant, assassiné par la Gestapo le 16 juin 1944, auteur de « L’étrange défaite » dans lequel il écrit : » Il y a deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 ». Pour lui c’est la mémoire réconciliée entre la continuité millénaire et l’idéal républicain.
Faut-il s’éloigner de cet esprit de conciliation et briser l’unité du peuple français.? À l’extrême-gauche, il existe un « nouveau peuple » (1). C’est vrai que beaucoup de Français ont des parents, grands-parents et arrières-grands-parents d’origine étrangère. Ils venaient d’autres pays européens. Ils viennent de plus en plus de pays africains ou proche-orientaux. Faut-il les organiser en communautés.? La France n’est pas une Nation ethnique ou religieuse mais une Nation politique organisée autour d’un contrat civique et des valeurs et principes de la République.Elle ne saurait être cette addition de communautés, ni une somme de collectivités, ni une suite d’autonomies régionales. Une nouvelle population par les apports extérieurs n’est pas un nouveau peuple dans la République.
À l’extrême-droite c’est l’étranger qui serait le dissolvant de notre Nation selon une analyse qui remonte au XIXème siècle. Elle a le mérite de la constance et de l’erreur. Il serait inassimilable ou même inintégrable. Il faut donc lui fermer la porte et s’enfermer dans notre pré-carré. Au mépris de la réalité tant notre économie a besoin d’étrangers. Au mépris du droit d’asile qui est un devoir et légal et moral.C’est une perte de confiance dans la France elle-même.
Deux France se profilent donc à l’horizon, » communautarisée » pour les uns, » xénophobe » pour les autres. Ni l’une ni l’autre ne dessinent un destin positif pour façonner une communauté nationale. Elles respirent un mauvais passé et un triste avenir. Mieux vaut garder notre fidélité à cette France républicaine et universaliste dont la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est le socle.
Note 1/ « Nouveau Peuple, Nouvelle Gauche », ouvrage coordonné par Julien Talpin et préfacé par Jean-Luc Mélenchon, ed. Amsterdam,2025
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